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Entrepreneurs work on their projects at Nailab, a Kenyan firm that supports technology startups, behind the latest initiative, which targets entrepreneurs for their ideas on providing sex education through technology and social media in Nairobi, Kenya, July 4, 2016. REUTERS/Thomas Mukoya - D1BETNPFQKAA
Africa in focus

Point de vue prospectif sur l’Afrique – Entreprenariat africain dans le secteur des technologies: enjeux et opportunités en 2018

Editor's Note:

Notes de l’éditeur:  vous trouverez ci-dessous un point de vue extrait du chapitre 3 du rapport Foresight Africa 2018. Il développe six thèmes fondamentaux offrant à l’Afrique des opportunités de surmonter ses obstacles et de favoriser une croissance inclusive. Lire le chapitre complet sur la technologie, l’innovation et le potentiel numérique de l’Afrique ici. The English version can be found here.

Les entrepreneurs technologiques en Afrique commencent l’année 2018 dans une position précaire. Heureusement, des améliorations progressives ont été constatées dans un certain nombre de secteurs clés. Ainsi, l’activité dans le secteur du capital-risque s’est accrue et le nombre de transactions a augmenté : depuis 2012, le capital-risque a été multiplié par 8,7 (366 000 086 USD en 2016) [1],outre une augmentation de 40 pourcent d’un exercice à l’autre du nombre de contrats signés [2].

La facilité à conduire des affaires s’est elle aussi remarquablement améliorée. D’après le Rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale, les pays africains suivants comptaient parmi les 10 pays les plus réformateurs: le Nigeria, le Malawi, la Zambie et Djibouti. Le Nigeria a progressé de 24 places de classement (de 169 à 145). 

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En raison du ralentissement mondial de 2016, de nombreux marchés africains se sont tournés vers l’intérieur et ont jeté les bases d’une croissance inclusive et plus durable. En particulier, ils se sont concentrés sur une réforme macroéconomique, ont soutenu la diversification et privilégié les produits nationaux. Certains indicateurs de croissance clés ont démontré que de solides progrès avaient été réalisés. Il y a eu notamment un plus grand nombre d’opérations faisant appel au capital-risque, une connectivité accrue entre les marchés et les écosystèmes entrepreneuriaux et leurs conditions macro prennent la bonne direction. Il existe cependant des défis de taille qui, pour être relevés, exigeront des efforts collectifs afin de débrider la véritable force de l’entreprenariat technologique en Afrique.

Il est nécessaire d’accroître l’accès aux capitaux des entreprises en phase de démarrage. L’investissement direct à l’étranger (IDE), le capital-risque et les produits financiers de banques sont souvent distribués aux entreprises établies à un stade de développement avancé. Le manque de capitaux de « validation de marché » lors de la phase de démarrage doit être résolu de sorte qu’il y ait suffisamment de ressources pour lancer les entreprises. Pour être lancées, les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et la Blockchain exigeront d’importantes ressources et des capitaux lors de la phase de démarrage en vue de créer des équipes de spécialistes, acheter les données requises et accroître l’infrastructure technique.

Nous avons besoin d’investissements massifs dans des solutions énergétiques décentralisées, renouvelables et flexibles pour accroître l’accès à l’énergie au-delà des zones urbaines

Il faudra des solutions radicales pour combler les déficits énergétiques. De grands travaux ont été entrepris par des parties prenantes des secteurs public et privé africains en vue de mener à bien les projets énergétiques et améliorer les réglementations et politiques énergétiques. Cependant, les besoins en énergie de l’Afrique sont urgents et les méthodes traditionnellement utilisées pour accroître les capacités énergétiques sont intrinsèquement lentes. Nous avons besoin d’investissements massifs dans des solutions énergétiques décentralisées, renouvelables et flexibles pour accroître l’accès à l’énergie au-delà des zones urbaines et servir de vecteur de croissance équitable et durable.

Il faut accueillir favorablement la mondialisation tout en protégeant les secteurs autochtones. Le vieillissement de la population dans les économies avancées et dans certaines régions d’Asie freine la croissance économique mondiale. Cette réalité offre aux pays d’Afrique des possibilités de croissance et de partenariats mondiaux. Les gouvernements africains devront trouver un équilibre entre les efforts qu’ils doivent déployer en vue de convaincre les multinationales de faire des affaires dans leurs pays et la nécessité de soutenir les technologies et industries autochtones naissantes.

Il faut former les jeunes pour les rendre compétitifs sur le plan international. Il est essentiel d’améliorer l’accès à une éducation de qualité et les débouchés professionnels. Cependant, l’apprentissage professionnel et la formation axée sur les compétences peuvent permettre de rapidement mobiliser la main-d’œuvre indispensable aux secteurs clés en peu de temps. En investissant dans l’éducation et les compétences pratiques et transférables, l’Afrique a l’opportunité de fortifier son plus grand atout: son peuple.

Face à l’incertitude et à l’adversité, il trouve non seulement le moyen de faire fonctionner les choses, mais il crée aussi des solutions déterminantes pour l’avenir de tout le continent.

À tiphub, j’ai eu la chance de travailler avec des entreprises confrontées à un certain nombre des difficultés susmentionnées et j’ai ainsi pu identifier des opportunités de création de valeur. Des entreprises pour Gebeya préparent les jeunes adultes d’Afrique de l’Est en leur inculquant des compétences du 21ème siècle comme la programmation, la science des bases de données et la conception d’interfaces d’utilisateurs, des compétences nécessaires pour créer des solutions avec des technologies émergentes. Une autre entreprise, Schorlax, optimise la diaspora africaine et des instruments financiers innovants pour rendre l’éducation plus abordable pour les étudiants nigérians. Aledin Nano et Jamii Africa sont deux entreprises africaines innovantes qui utilisent des produits financiers traditionnels et optimisent la technologie dans le but de distribuer des services de micro-crédit et de micro-assurance aux masses. J’ai rencontré leurs fondateurs qui considèrent que le déficit énergétique offre une énorme opportunité de commercialiser des solutions renouvelables et décentralisées.

C’est en cela que l’entrepreneur africain se distingue des autres. Face à l’incertitude et à l’adversité, il trouve non seulement le moyen de faire fonctionner les choses, mais il crée aussi des solutions déterminantes pour l’avenir de tout le continent. Les entrepreneurs africains possèdent l’ingénuité nécessaire pour résoudre les problèmes et ils continueront à le faire. Toutefois, une collaboration et une coordination entre les entreprises et les parties prenantes, comme les agences publiques, les multinationales et les organisations non gouvernementales peuvent permettre d’accélérer la cadence en vue de parvenir à une inclusion rapide et inclusive pour tous.

NOTES DE BAS DE PAGE

  1. Partech Ventures (2017), VC funding raised by African tech startups totals a record-breaking $366.8 million in 2016. https://goo.gl/cjP5Bm At the time of publication, the total amount of venture capital investment in 2017 had not yet been reported.
  2. Partech Ventures (2017), VC funding raised by African tech startups totals a record-breaking $366.8 million in 2016. https://goo.gl/cjP5Bm At the time of publication, the total volume of transactions for 2017 had not been published.
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