Skip to main content
un_headquarters005
Africa in focus

Comment amener L’Afrique a atteindre ses objectifs de developpement durable: Un aperçu sur les solutions energetiques transfrontalieres


Click here to read the blog in English »

2016: une année décisive

Les décideurs politiques et les spécialistes du développement sont désormais confrontés à une nouvelle série d’enjeux suite à l’établissement, par consensus mondial, du triumvirat composé du Programme d’action d’Addis-Abeba, du Programme d’action 2030 et de l’Accord de Paris
[1]
 : mise en œuvre, suivi et passage en revue. Les professionnels des politiques de développement doivent aborder ces enjeux tout en y intégrant ces trois piliers du développement durable que sont le développement social, la croissance économique et la protection environnementale, sans oublier les trois volets intersectoriels du consensus mondial précités, tout cela en opérant au sein d’un contexte dans lequel la planification des politiques reste accomplie de façon cloisonnée. Ils doivent également incorporer le caractère universel de ces nouveaux accords en tenant compte des différentes circonstances nationales ; à savoir les divers besoins, réalités, capacités, niveaux de développement nationaux, de même que les diverses priorités et politiques nationales. Ils doivent aussi accroître considérablement l’allocation des ressources et les moyens de mise en œuvre (comme le financement, le renforcement des capacités et le transfert de technologies) pour changer les choses et améliorer les nouveaux partenariats réunissant plusieurs parties prenantes en vue de restreindre les mouvements mondiaux de toutes sortes (notamment la migration, le terrorisme, les maladies, la fiscalité, les phénomènes météorologiques extrêmes et la révolution numérique) dans un monde résolument interconnecté. Il va sans dire que la tâche est très ambitieuse !

Ces difficultés sont à l’origine de nouveaux accords nationaux et internationaux visant à honorer les engagements pris pour répondre à ces enjeux sans précédent. Plusieurs États africains ont déjà commencé à créer des comités interministériels et des groupes de travail pour assurer l’alignement entre les objectifs mondiaux et les processus, les aspirations et les priorités actuels. 

L’Afrique prépare, en collaboration avec la communauté internationale, le premier Forum politique de haut niveau depuis l’adoption du programme d’action 2030 qui aura lieu en juillet 2016 et dont le thème sera « Veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte ». Afin d’éclairer le leadership, l’orientation et les recommandations relatifs au Programme d’action 2030, six pays africains
[2]
parmi les 22 États membres de l’ONU se sont portés volontaires pour présenter des études nationales sur le travail accompli en vue d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), soit une opportunité unique de fournir un examen objectif sans compromis et de mettre en avant les leviers d’exploitation et les limites à surmonter afin d’avoir un impact.

Les Nations Unies ont déployé de nombreux efforts de coordination parallèlement au travail de terrain réalisé par l’Afrique : en premier lieu, la création d’un groupe de travail interinstitutions chargé de préparer le forum sur le financement du développement de suivi synchronisé avec le Forum mondial pour l’infrastructure, qui consultera sur les investissements en infrastructures, un aspect crucial pour le continent ; un groupe composé de 10 représentants nommés dont la mission consiste à soutenir le Mécanisme de facilitation des technologies aux fins du développement, du transfert et de la diffusion de technologies pour les ODD, soit un autre aspect très important pour l’Afrique ; et enfin une équipe de conseillers indépendants dont la mission consiste à fournir des conseils sur le positionnement à plus long terme du système de développement de l’ONU dans le contexte du Programme 2030 communément appelé  « UN fit for purpose », parmi tant d’autres efforts.

Ces obligations bureaucratiques écrasantes pèseront à elles seules lourdement sur les capacités limitées de l’Afrique. C’est la raison pour laquelle le continent à tout intérêt à regrouper ses ressources en tirant parti de ses robustes réseaux régionaux pour atténuer cet obstacle de façon cohérente et coordonnée et en capitalisant sur la convergence entre les textes nouvellement adoptés et l’Agenda 2063, le programme de transformation mis en place par l’Union Africaine sur une durée de 50 ans, avec l’aide d’institutions panafricaines.

Régionalisation en Afrique : l’engrenage menant vers la phase suivante du développement

Outre les échelons nationaux et internationaux, il convient de tenir compte d’une troisième dimension : l’échelon régional. Ainsi, les trois principaux accords conclus en 2015 privilégiaient le soutien aux projets et aux cadres de coopération encourageant l’intégration régionale et sous-régionale, en particulier en Afrique.
[3]
C’est la raison pour laquelle des politiques industrielles communes et cohérentes relatives aux chaînes de valeur régionales formulées par des institutions régionales renforcées et portées par un leadership transformationnel volontariste s’imposent comme le meilleur moyen de favoriser l’insertion de l’Afrique au sein de l’économie mondiale.

L’Afrique considère depuis longtemps l’intégration économique régionale, partie intégrante de ses principaux « piliers », à savoir les huit Communautés économiques régionales (CER), comme étant une stratégie de développement de base.

Le continent s’est manifestement engagé dans cette voie : l’été dernier, trois CER, le Marché commun pour l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique de l’Est (SADC) ont créé le Traité de libre-échange tripartite (TFTA) regroupant 26 pays, avec plus de 600 millions d’habitants et un PIB global de mille milliards de dollars US. Cet accord tripartite ouvre la voie à l’accord « méga-régional » de l’Afrique, la Zone de libre échange continentale (CFTA) et à l’instauration d’une vaste communauté économique africaine. Si la régionalisation permet la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services, c’est la connectivité intra-africaine accrue en découlant qui stimulera les échanges commerciaux au sein de l’Afrique, favorisera la croissance, créera des emplois et attira des investissements. Il devrait enfin faire démarrer l’industrialisation, l’innovation et la compétitivité. À ces fins, les institutions panafricaines, soucieuses d’exploiter les récentes performances favorables enregistrés par le continent, redoublent d’efforts pour créer un environnement propice à l’harmonisation des politiques et des réglementations et aux économies d’échelle.

Infrastructure and régionalisation

Author

S

Sarah Lawan

Senior Program Officer, Advocacy and Multi-Stakeholder Mobilization on Post-2015 for Africa, New Partnership for Africa’s Development Bureau in New York

L’infrastructure, sans laquelle toute connectivité est impossible, constitue indéniablement le fondement de tout futur plan de régionalisation. Outre l’intégration du marché et le développement industriel, le développement des infrastructures est l’un des trois piliers de la stratégie du TFTA. De la même manière, l’agence pour le Nouveau partenariat économique pour le développement en Afrique (NEPAD), l’organe technique de l’Union africaine (UA) chargé de planifier et coordonner la mise en œuvre des priorités continentales et des programmes régionaux, a adopté l’intégration régionale en tant que méthode stratégique pour l’infrastructure. Le NEPAD a d’ailleurs organisé, en juin 2014, le Sommet de Dakar sur le financement des infrastructures ayant abouti à l’adoption du Programme d’action de Dakar qui présente des options en matière de mobilisation d’investissements dans des projets de développement des infrastructures, en commençant par 16 projets bancables clés issus du programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA). Il est intéressant de noter que ces « mégaprojets du NEPAD visant à transformer l’Afrique » ont tous une portée régionale.

Pour voir la carte des 16 mégaprojets du NEPAD visant à transformer l’Afrique, Cliquez ici

En complémentant les efforts du NEPAD et du TFTA, le Réseau d’affaires continental a été formé pour promouvoir le dialogue entre les secteurs public et privé sur la thématique de l’investissement en infrastructures régionales. Le Fond Africa50 pour l’infrastructure a été constitué en guise de nouvelle plateforme de prestation gérée commercialement en vue de combler l’énorme vide au niveau du financement des infrastructures en Afrique, un trou évaluée à 50 milliards de dollars US par an.

L’élaboration de propositions propres et les progrès institutionnels récemment observés témoignent de la détermination de l’Afrique à accélérer le développement des infrastructures, et donc la régionalisation. Lors du dernier sommet de l’UA, le Comité d’orientation des chefs d’État et de gouvernement a approuvé l’institutionnalisation d’une Semaine PIDA organisée par la Banque africaine de développement (BAD) en vue d’assurer le suivi des progrès accomplis.

L’élan des projets énergétiques régionaux en Afrique

Les partenariats énergétiques indiqués ci-dessous illustrent les avantages potentiels des méthodes de mise en œuvre et de suivi transfrontalières : l’Africa Power Vision (APV) réalisée avec Power Africa, le modèle du Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique(ECREEE) de la CEDEAO accompagnant l’initiative Énergie Durable pour Tous (SE4LL), une initiative mise en œuvre par la plateforme Africaine et la solution Africa GreenCo basée sur le PIDA.

  • Africa Power Vision : Les ministres Africains de l’énergie et des finances réunis à l’occasion du Forum économique mondial (FEM) de Davos en 2014 ont décidé de créer l’APV. La vision fournit un modèle stratégique de mobilisation de ressources afin de permettre aux entreprises, aux industries et aux foyers africains d’avoir un accès plus rapide à l’énergie moderne. Elle dresse une liste de projets énergétiques basés sur des priorités régionales établies par l’Afrique et extraites en grande partie du Programme d’action prioritaire du PIDA, à savoir l’éventail de projets à court terme devant être achevés à l’horizon 2020. Le projet hydroélectrique Inga III qui changera les règles du jeu, l’emblématique projet solaire DESERTEC Sahara et la gigantesque ligne de transport d’électricité nord-sud couvrant la quasi-totalité du TFTA sont parmi les 13 projets sélectionnés. La note conceptuelle et le plan de mise en œuvre intitulés « De la vision à l’action » élaborés par le NEPAD, en collaboration avec l’initiative Power Africa dirigée par le gouvernement américain ont été approuvés lors du Sommet de l’UA de janvier 2015. Le paquet présente des mesures permettant de surmonter les impasses afin d’atteindre des objectifs quantifiables, la « méthode d’accélération » basée sur l’Outil de classement de projets par ordre de priorité (PPCT en anglais), l’atténuation des risques et le financement de projets d’électricité. Une conception innovante a été élaborée pour éviter les doublons, économiser des ressources, améliorer la coordination et encourager des actions transformatrices en établissant des Conseillers transactionnels Power Africa – APV portant deux casquettes, qui supervisent les plans d’investissement jusqu’à la clôture financière si et quand des projets énergétiques d’intérêt commun viennent à se chevaucher. Globalement, comme il est basé sur le PIDA, le partenariat APV permet de mutualiser les expertises tout en promouvant l’intégration économique régionale au niveau de l’électrification.
  • Centre pour les énergies renouvelables et l’efficience énergétique de la CEDEAO : Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a lancé l’initiative Énergie durable pour tous dans le monde entier dès 2011, dans le triple objectif de garantir l’accès universel à des services énergétiques modernes, doubler le taux mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique et doubler la proportion d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial à l’horizon 2030. Depuis sa création, SE4ALL a suscité un fort enthousiasme sur le continent et compte désormais 44 pays africains participants. Par conséquent, la plateforme africaine SE4ALL a été la première plateforme lancée en 2013. Organisée par la BAD en partenariat avec la Commission de l’UA, le NEPAD et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), son rôle consiste à faciliter la mise en œuvre de SE4ALL sur le continent. Le troisième atelier annuel de la plateforme africaine de SE4ALL tenu à Abidjan en février dernier a révélé le potentiel de cette « coalition créative » (Yumkella 2014) pour produire des résultats tant au niveau des plans d’action nationaux et des approches régionales concertées conformes à la vision continentale qu’à celui de l’ODD7 pour l’énergie et aux Contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN) créés pour l’Accord de Paris. Avant tout, l’atelier a prouvé que la plateforme est capable de commencer efficacement à harmoniser les processus pour obtenir un résultat dans les différents pays. En dépit du fait que les États membres de la CEDEAO participent à SE4ALL, les ministres ouest-africains ont chargé leur centre énergétique régional, le CEREEC, de coordonner la mise en œuvre des Programmes d’action de SE4ALL (PA), qui sont des documents décrivant les mesures que doivent prendre les pays pour satisfaire les objectifs en matière d’énergies renouvelables et de là les Prospectus d’investissement (PI), les documents présentant les critères d’investissement relatifs aux PA. Par conséquent, la Politique relative aux énergies renouvelables (PER) et la Politique relative à l’efficacité énergétique (PEE) de la CEDEAO ont été formulées et adoptées. Un cadre de surveillance régional visant à enrichir un Cadre de suivi mondial, le système de mesure et de préparation de rapports SE4ALL, est en cours de conception. L’efficace modèle du CEREEC, en créant un pont entre les inventaires nationaux et les acteurs mondiaux, est sur le point d’être reproduit dans deux autres régions d’Afrique, la CAE et la SADC, avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).
  • Africa GreenCo : Enfin, des initiatives comme Africa GreenCo sont en cours d’incubation. Ce véhicule prometteur, actuellement financé au moyen d’une subvention accordée par la Fondation Rockefeller, se veut à la fois un négociant et un courtier en électricité indépendamment géré dont la fonction consiste à déplacer de l’électricité là où elle est nécessaire. Ainsi, Africa GreenCo cherche à capitaliser sur les projets énergétiques du PIDA : en sa qualité d’acheteur intermédiaire solvable, elle prévoit d’utiliser à l’avenir son statut régional en guise de valeur ajoutée au niveau de la garantie contre les risques. À ce jour, Africa GreenCo continue à peaufiner les aspects juridiques, réglementaires, techniques et financiers de sa future structure et forge des liens avec des parties prenantes clés du secteur (États membres, banques de développement multilatérales, services publics africains de génération et d’interconnexion appelés pools énergétiques) avant l’achèvement de son étude de faisabilité en juin 2016.

Devancement et changement de paradigme à l’horizon : vers le transnationalisme

Les partenariats précités indiquent des tendances encourageantes en direction d’une coopération plus symbiotique entre les différentes parties prenantes. Comme ils relèvent d’initiatives « faites maison », il est important de ne pas perdre de vue la dimension continentale. D’une part, les plans élaborés par l’Afrique ont plus de chances de réussir que des solutions importées uniformes et d’autre part, des efforts cohérents et combinés allant dans la même direction renforcent la confiance et l’émulation et attirent des soutiens. Ceci implique que pour remplir les accords intergouvernementaux, il est nécessaire avant tout de les adapter aux réalités locales à travers un processus d’intégration respectueux de l’espace politique. Cette intégration peut ensuite faire l’objet d’ajustements en fonction d’expériences fondées sur des données et des preuves concrètes. Entre ces engagements mondiaux et les procédures nationales, la dimension nationale demeure le lien indispensable : permettre aux pays de contourner le caractère artificiel de leurs frontières héritées de l’époque coloniale et leur offrir des choix concrets pour éradiquer la pauvreté dans l’unité. L’intégration régionale est donc le préambule à l’opérationnalisation du développement durable au sein de l’Afrique et une étape clé de son parcours en direction d’une participation active sur la scène mondiale. La régionalisation peut également faire évoluer les relations internationales, à condition qu’elle aille de pair avec un multilatéralisme équitable et une gestion durable des connaissances globales. C’est pourquoi l’ouverture qui en découle et la complexité rencontrée sont autant de paramètres utiles pour enrichir la conception de réponses locales pertinentes.

Ces réussites ouvrent de grandes perspectives en termes de nouvelles expériences et synergies. Elles représentent pour moi la promesse d’un monde meilleur. Celle que je me plais à imaginer est empreinte d’écosystèmes mutuellement bénéfiques pour les personnes et la planète. Elle encourage les liens inversés où tout le monde est gagnant, c’est-à-dire un monde où les économies en développement ont des retombées plus positives sur les pays industriels. C’est un monde où, par exemple, une région d’Afrique pourrait tirer des leçons de la crise grecque et vice-versa : un monde où la Chine pourrait tirer des enseignements du Corridor de développement de Maputo pour sa ceinture économique de la route de la soie. Un monde dans lequel des instituts jumelés effectuant des travaux de recherche conjoints dans les différents centres de connaissances régionaux prospéreraient, où des « fab labs » innovateurs pourraient ambitionner une aventure spatiale basée sur des déchets électroniques recyclés en imprimantes 3D. Dans un tel monde, des collaborations innovantes dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) seraient encouragées. Celles-ci encourageraient la participation des femmes, et aussi celle de la diaspora en vue de développer des avancées techniques solides du point de vue écologique. Des efforts proportionnels, une volonté sans faille, une ingénuité autochtone et une créativité sans limites mettent cet avenir plus souriant à notre portée.

Au-delà de la reconnaissance de la voix africaine tout au long des processus intergouvernementaux, l’Afrique doit désormais consolider ses avancées en maintenant fermement sa position et en protégeant ses gains tout au long de la phase préliminaire. Le continent doit de toute urgence définir des tactiques spécifiques offrant le plus grand potentiel en termes d’inclusion et de création de capacités de production. Parallèlement, les acteurs du développement africain doivent démarrer un cycle vertueux d’apprentissage par la pratique en vue de créer une philosophie de développement endogène prenant en considération les meilleures pratiques adaptables et les échecs. Néanmoins, la seule approche capable de produire à la fois une transformation structurelle et un changement informé conformes aux stratégies à long terme propres au continent et dirigées par lui est… l’intégration régionale.  


[1] Issus respectivement des négociations intergouvernementales à l’occasion de la Troisième Conférence sur le financement du développement (FFD3), l’Agenda du développement post 2015 et la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21).

[2] Égypte, Madagascar, Maroc, Sierra Leone, Togo et Ouganda

[3] Comme précisé au Programme d’action d’Addis-Abeba par exemple : « Nous engageons instamment la communauté internationale, notamment les institutions financières internationales et les banques multilatérales et régionales de développement, à accroître leur soutien aux projets et aux cadres de coopération qui favorisent cette intégration régionale et sous régionale, notamment en Afrique, et qui améliorent la participation et l’intégration des entreprises et notamment des petites entreprises industrielles, en particulier celles des pays en développement, dans les chaînes de valeur mondiales et les marchés mondiaux. »

Get daily updates from Brookings