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A view of evening traffic near Kenya's Central Bank offices in capital Nairobi November 10, 2015. REUTERS/Noor Khamis/File photo - RTSQ1CG
Africa in focus

Point de vue prospectif sur l’Afrique : pourquoi le renforcement des villes africaines doit-il occuper une place importante au niveau des décisions politiques et de l’élaboration de politiques ?

Editor's Note:

Vous trouverez ci-dessous un point de vue prospectif du chapitre 4 du rapport Foresight Africa 2017. Ce rapport explore six thèmes généraux qui offrent à l’Afrique des outils pour surmonter ses obstacles et stimuler une croissance inclusive. Pour lire le chapitre complet sur le renforcement des efforts d’urbanisation, cliquez ici.

foresightafrica_brandingbadgeEn octobre 2016, la troisième conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) a réaffirmé les importants enjeux de l’urbanisation actuelle dans le monde en voie de développement et dressé un nouveau programme visant à promouvoir la croissance durable et inclusive. Elle a également précisé qu’un leadership et des moyens sous-nationaux plus solides sont nécessaires pour atteindre les objectifs fixés.

Ces enjeux sont particulièrement significatifs en Afrique, où le taux d’urbanisation anticipé est de l’ordre de 3,65 pourcent par an, avec l’ajout de près de 350 millions de nouveaux citadins d’ici 2030. La question qui se pose pour les villes africaines en phase d’expansion démographique et économique est double : comment rendre la croissance à la fois durable et inclusive, d’une part et d’autre part, quelles sont les formes de gouvernance susceptibles de favoriser une croissance physique et économique durable, tout en abritant les ressources nécessaires pour faciliter cette croissance.

Ces questions sont devenues plus complexes de pair avec l’augmentation des responsabilités des villes. Il est bien évident que la plupart des enjeux économiques et sociaux pressants auxquels nous sommes confrontés partout dans le monde sont de nature urbaine, tels les inégalités et les bouleversements technologiques, la dégradation de l’environnement et les troubles sociaux. Ces dynamiques exigent un mécanisme de résolution de problèmes dépassant largement les capacités individuelles des gouvernements nationaux. Une robuste gouvernance urbaine et métropolitaine peut fournir une solution.

La gouvernance locale, en elle-même, n’est pas sans obstacles. Les élus régionaux doivent résister à la tentation de s’adonner au chauvinisme et comprendre qu’il est impératif de collaborer avec leurs voisins durant une époque où la concurrence est mondiale et non pas locale. Les limites des moyens municipaux au sein des administrations exigent un élargissement du concept de gouvernance afin d’y inclure les secteurs privé et civique en tant que coadministrateurs du programme métropolitain. Ce type de gouvernance répartie et menée en réseau peut fournir des « poids et des contrepoids » permettant de contrôler toute entité dirigeante centrale tout en atténuant une troisième menace malheureusement répandue : la corruption.

Malgré ces enjeux, le localisme offre néanmoins des avantages au-delà de son coût. La « politique » régionale étant délivrée par des réseaux d’acteurs pluridisciplinaires, à savoir les pouvoirs locaux ainsi que les innovateurs du secteur privé, les organisations civiques et les instituts de recherche, les villes sont plus flexibles et plus agiles que les gouvernements nationaux et donc plus aptes à expérimenter et à résoudre des problèmes complexes. Les pouvoirs locaux sont mieux placés pour résoudre un bon nombre des enjeux propres aux villes africaines connaissant une expansion rapide, des droits fonciers à l’infrastructure en passant par l’éducation et la formation. C’est en exploitant l’intégralité de la valeur des ressources publiques regroupées au sein de leurs frontières que ces villes seront en mesure de lever des sources de capitaux locales et de réduire ainsi leur dépendance à l’égard des transferts émanant des gouvernements nationaux ou de l’aide internationale.

Une fois qu’elles auront fait leurs preuves dans une région donnée, les innovations dans les secteurs de la gouvernance et de la politique devront être diffusées, adaptées et personnalisées pour le bénéfice d’autres régions et villes. D’une certaine manière, les villes africaines en rapide expansion, en particulier les centres urbains de taille moyenne sous-développés, ont ainsi l’opportunité d’éviter de commettre les mêmes erreurs que les villes du monde développé et d’inventer une forme de construction de ville et de gouvernance moderne qui permettra à son tour d’éclairer les progrès actuels des villes américaines et européennes. Ce nouveau circuit d’innovation, nous offre la chance d’atteindre nos objectifs de construction de villes et de pays meilleurs.

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