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On the Record

L’image de mollesse que Romney essaie de coller à Obama ne prendra pas

Justin Vaïsse

Editor’s Note: In an interview with Charlie Dupiot of Libération on October 8, 2012, Justin Vaisse discussed the role of foreign policy in the U.S. presidential race.

Charlie Dupiot: Un changement dans le programme de politique étrangère annoncé aujourd’hui par Mitt Romney?

Justin Vaïsse: Non, il n’y a aucun changement, Romney maintient toujours le cap vers le néoconversatisme à pleine vapeur, il n’y a pas eu d’inflexion. Alors que lors du débat de jeudi, il y a eu un changement partiel puisque Romney est apparu plus modéré. C’est le travail de tout candidat : aux primaires, on va vers la base alors qu’après, lors de la campagne nationale, on se recentre. C’est ce à quoi on a assisté jeudi dernier sur les questions nationales, quand Romney avait jugé que la régulation par l’Etat était nécessaire, essayant de se défaire de son image d’extrémiste. Sur les questions de politique étrangère, il est resté sur sa ligne d’attaque, dépeignant Obama comme faible et mou. Au lieu de se recentrer, il a jugé qu’il était plus rentable par rapport aux électeurs américains de se montrer ferme.

Dupiot: Justement, la politique étrangère est-elle un thème de campagne déterminant dans l’opinion publique américaine, qui peut faire perdre ou gagner des voix aux deux candidats?

Vaïsse: En général non, ce n’est pas un thème qui pèse pour les électeurs, même si c’est arrivé au cours de quelques élections, en 2004 par exemple où la guerre contre le terrorisme était un enjeu important. On peut perdre des points sur la politique étrangère, en étant considéré comme trop mou : c’était le cas de George McGovern, candidat démocrate en 1972, jugé trop faible sur la question de la guerre du Vietnam. Avec ce thème, on peut rarement gagner des points, on peut surtout en perdre. Et puis c’est un domaine qui déteint sur les autres : en politique étrangère on se forge rapidement une image de leader, ou l’image de quelqu’un de mou. Quand Romney fait au cours de sa tournée internationale une série de gaffes, chez les Britanniques, puis en Israël sur les Palestiniens, les Américains commencent à voir le candidat républicain comme un amateur, loin de l’image «pro» que le candidat essaie de projeter.

Dupiot: Mitt Romney reproche à Barack Obama sa passivité en politique internationale. Cette image peut-elle peser en la défaveur du président démocrate?

Vaïsse: Non, Obama a décimé tout le leadership d’Al Qaida. L’attaque contre Benghazi est un événement compliqué, qui est une attaque terroriste cachée derrière une manifestation spontanée. Cela ne va pas peser sur l’image d’ensemble de Barack Obama, qui est suffisament solide. Même si objectivement, sur certains aspects, on peut reprocher à Obama, contraint par le contexte d’une année électorale, d’avoir été faible sur la Syrie.

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