La Libre Belgique

Mitt Romney: Amateur ou Bon Gestionnaire?

Editor's Note: In an interview with Stéphanie Fontenoy of La Libre Belgique, Justin Vaïsse discusses candidate Mitt Romney's trip abroad as well as Europe's attitude towards his foreign policy stance.

Stéphanie Fontenoy: La mini-tournée de Mitt Romney en Europe et en Israël s’est-elle soldée par un échec?

Justin Vaïsse: Plus grave encore que le contenu de ses nombreuses gaffes, Mitt Romney a donné l’image d’un amateur alors que sa force principale est d’être perçu comme un bon gestionnaire, un chef d’entreprise, l’homme qui avait remis de l’ordre dans les Jeux olympiques de Salt Lake City. Cette tournée a produit l’effet inverse de celle de Barack Obama en 2008. Le Démocrate avait démontré pendant sa campagne et pendant le voyage qu’il savait tenir son équipe et faire tourner une opération bien huilée.

Fontenoy: Quelle impression laisse Mitt Romney aux Européens?

Vaïsse: Son approche était de dénoncer la politique étrangère de Barack Obama qui selon lui a négligé les alliés démocratiques des Etats-Unis pour s’acoquiner sans grand résultat avec la Chine, la Russie et l’Iran. Mitt Romney voulait donc faire comprendre qu’il resserrerai les rangs avec les alliés démocratiques. Or, il a non seulement critiqué les Britanniques mais il décrie aussi le modèle économique européen, ce qui n’est pas une bonne façon de s’attirer les grâces d’Angela Merkel ou de François Hollande. On sait qu’il a beaucoup varié dans ses opinions, qu’il a dit tout et son contraire. L’espoir côté européen est de croire qu’il est bien cette girouette, ce "flip-flopper" et qu’on ne peut pas le prendre au mot dans ses déclarations, notamment sur la Russie, "ennemi géopolitique numéro 1" ou encore la Chine qu’il veut décrire comme "manipulatrice de taux de change" dès son premier jour à la Maison Blanche. L’espoir est qu’il revienne, s’il est élu, à ce qu’on pense qu’il est au fond de lui, c’est-à-dire un modéré et un pragmatique. Car l’ensemble de ses positions est contraire aux grandes orientations de la diplomatie européenne. Bref, on espère qu’il n’est pas sérieux!

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